Un jour je serai manager
Lors de mes interventions à l’université et dans les écoles de commerce, je demande régulièrement quelles fonctions les étudiants veulent occuper dans les dix prochaines années.
La réponse la plus fréquente est « un métier opérationnel conforme à ma spécialité », ce auquel ils ajoutent « …pour à terme occuper des fonctions de management ». Il est clair que le titre de « directeur », « responsable », « chef de ….» fait briller les yeux de beaucoup d’entre nous, comme si être manager était l’aboutissement d’un métier, voire d’une vie. Comme si être manager signifiait : « supérieur aux autres ».
Cela me fait penser à ma fille qui, montée sur la deuxième marche de l’escalier me lance avec un large sourire « regarde papa, je suis plus grande que toi ! ». A ce moment-là elle s’accroche sur mon dos et je lui réponds amusé « oui mais tu vois, c’est toujours moi qui te porte ». Peut-on y voir ici une règle de management ?
Cette vision très verticale de l’entreprise est bien ancrée dans l’esprit collectif. Devenir manager c’est « monter dans l’échelle sociale », cela fait plaisir aux parents alors fiers de leur progéniture, et permet probablement d’obtenir un meilleur salaire (bien que relatif selon les métiers). Devenir manager c’est « passer au-dessus », c’est « gérer des hommes », « devenir responsable d’eux », ce qui est en partie vrai. Mais le statut de « manager » fait souvent oublier la réalité des choses.
La fonction la plus complexe de l’entreprise
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